Quand la communication commence par l'écoute.
Question de départ
Un lieu qui nous parle est un atelier immersif conçu et animé par Atelier Kami en collaboration avec 25 étudiant·es de Master du CNAM, venus de Paris pour une journée d'exploration au Grand Hospice de Bruxelles.
Ancien bâtiment hospitalier reconverti en écosystème culturel et associatif temporaire, le Grand Hospice accueille des artistes, collectifs et associations engagés dans des démarches sociales, culturelles et humaines. C'est dans ce lieu de transition urbaine que les étudiant·es ont été invité·es à vivre la communication autrement — non pas comme une production de contenu, mais comme une pratique d'écoute, d'observation et de rencontre.
Question principale
Comment faire vivre à des étudiant·es en communication une expérience concrète et incarnée qui dépasse les cadres numériques et théoriques de leur formation ? Le défi était double : d'une part, ancrer l'apprentissage dans un territoire réel et vivant, avec ses acteur·rices, ses réalités et ses enjeux ; d'autre part, amener des étudiant·es habitué·es aux outils digitaux à s'exprimer uniquement par des moyens analogiques — les mains, les matériaux, le geste. Le tout en une seule demi-journée, avec des résultats destinés à être exposés publiquement.
Transformer vos mots en outils interactifs et scénographies
Atelier Kami a conçu un dispositif en trois temps, pensé comme une progression de l'observation vers la création.
Les créations ont été exposées à la Chapelle du Grand Hospice du 1er au 4 juin 2026, avant d'être offertes aux associations en guise de remerciement.
Immersion sensorielle — la visite comme matière première
La journée débute par une visite guidée du Grand Hospice. Chaque participant·e reçoit un symbole sensoriel — vue, ouïe, toucher, odorat ou parole — et est invité·e à collecter, au fil du parcours, des mots simples inspirés par ce qu'il ou elle perçoit. Ces mots deviennent des interventions typographiques collectives installées dans le lieu même : des traces éphémères en masking tape sur les fenêtres et les murs, façonnées par l'attention et l'interprétation.
Rencontres — la communication comme dialogue
Les étudiant·es rencontrent ensuite trois associations actives au sein du Grand Hospice — Job Dignity, CEC et Isala — à travers des échanges informels. Ils et elles explorent la manière dont chaque initiative est née, les communautés qu'elle accompagne, les stéréotypes auxquels elle fait face. Ces conversations constituent le point de départ du travail créatif.
Création typographique — traduire ce qu'on a ressenti
En petit groupe, les étudiant·es réalisent entièrement à la main des affiches typographiques en noir et blanc au format A2. À l'aide d'outils expérimentaux — éponges, tampons, bouchons de liège, morceaux de bois — ils et elles explorent comment la typographie peut transmettre une émotion ou une intention au-delà du langage descriptif. Chaque affiche s'articule autour d'une phrase centrale : « Ici, nous… » ou « Là où… » — non pas pour décrire l'association, mais pour en révéler l'essence.